Le vin est-il bon pour la santé?

Avec ses effets vasodilatateurs, anti-agrégants et antioxydants, le vin a des vertus pour la santé. A condition de le déguster à petites doses ...

Les français ont moins de maladies coronariennes.

Tout est parti d'un constat. Malgré une alimentation riche en graisses saturées, les français ont moins de maladies coronariennes que leurs voisins des pays nordiques ou des Etats-Unis. C'est le fameux «French paradox».
En réalité, il vaudrait mieux parler de «Mediterranean paradox», dit le Pr JEan Ferrières, professeur de cardiologie au CHU de Toulouse et chercheur à l'Inserm.

En effet, le vin n'a d'intérêt pour la santé que dans le cadre d'une alimentation d'inspiration méditerranéenne (riche en huiles d'olive et de colza, en fruits et en légumes frais ...). Et c'est ce mode de vie, pris dans son ensemble, qui réduit les effets négatifs des graisses saturées sur nos artères.

Son impact se vérifie en France, mais aussi en Italie, en Grèce et en Espagne. Al'inverse, la Belgique ou l'Irlande, dont les habitants boivent plutôt de la bière et se nourrissent différemment, enregistrent un nombre de maladies cardiovasculaires plus élevé que chez nous.On retrouve d'ailleurs le même clivage nord-sud à l'intérieur de nos frontières. La mortalité dues aux maladies coronariennes double entre Toulouse et Lille.

Le vin est-il bon pour la santé?

Le vin possède des vertus intéressantes

Les polyphénols du raisin et de l'alcool issu de la fermentation confèrent des vertus intéressantes, en particulier pour le système cardiovasculaire. «La combinaison des deux a des effets vasodilatateurs, anti-agrégants et antioxydants», assure le Pr Ferrières. Ces bienfaits ont même été observés, analyses sanguines à l'appui, chez des victimes d'infarctus buvant un verre de bourgogne rouge à chaque repas.

Parmi ces polyphénols, le resvératrol «suscite un intérêt énorme», selon Dominique Delmas, chercheur au laboratoire "lipides, nutrition et cancer" de l'Inserm.

Le resvératrol, un antibiotique naturel

En laboratoire, le resvératrol bloquerait la prolifération des cellules malignes dans certains cancers, chez la souris. Et, in vitro, il ralentirait la mort cellullaire dans les maladies neurodégénératives type Aizheimer. Dans le vin, les teneurs en resvératrol, sorrte d'antibiotique naturel de la vigne, varient selon le cépage et les agressions extérieures (champignons par exemple). C'est le vin rouge qui en contient le plus, car il fermente avec la peau du raisin, là ou se concentre le resvératrol. En revanche, les blancs sont moins bien pourvus, car seul le jus fermente. Les rosés se situent entre les deux.